En ce frais dimanche d'octobre, c'est en Corrèze qu'avait lieu la troisième et dernière sortie à la journée de la saison sur route. Malgré les inquiétudes des organisateurs, dix cyclos
espérois avaient répondu présents.
On notait la présence de Vincent, le poulain de Gégé, vététiste de métier, qui faisait sa première sortie sur route avec nous. Comme il est de tradition pour les nouveaux, il subit un bizutage en
règle: Annie s'en chargea en lui chipant sa pizza sous son nez. Je tiens à le rassurer, à moi aussi, lors de ma première sortie club à Tarascon en 2006, Annie avait spolié ma part de tarte aux
pommes sous le regard guoguenard d'Yvon.
Puisqu'on en est à Annie et Yvon, il faut quand même savoir qu'ils venaient directement de l'Aveyron et que pour être avec nous ils avaient renoncé à une journée en terre promise (seuls les
aveyronnais peuvent mesurer la dimension de ce sacrifice). Qu'ils en soient vigoureusement remerciés...
On notait aussi la présence appréciée de l'aigle de Nuzejouls. Il se murmure qu'il n'est venu que sous la pression de Christelle... En tout cas, il a encore virvolté dès que l'on s'approchait des
cîmes.
Toujours au rayon des bonnes surprises, la présence de Gaël dont la blessure aux côtes l'empêchait de pratiquer ce sport dangereux qu'est le vtt et lui offrait l'opportunité de rouler sur le
bitume. Pour finir, étaient de la partie, le Patron bien sûr et sa garde rapprochée Eric E, Gégé et votre serviteur.
Vers 9h30, alors que le brouillard commençait à se lever, nous enfourchions nos montures. Ce n'est pas faire preuve de flagornerie (puisque d'ailleurs le Patron ne lit pas notre blog) que de
dire qu'au niveau du parcours, le Patron avait encore fait très fort. Il m'est d'ailleurs difficile de narrer avec exactitude notre périple tant on a tourné et retourné avec comme seule logique
d'emprunter ces routes magnifiques et des paysages enchanteurs.
Le groupe féminin (groupuscule serait plus adéquat) fort de deux unités s'élançait pour une soixantaine de kms particulièrement accidentés. Les quelques informations qui ont filtré font état d'un
troisième membre, de sexe masculin, qui aurait tenté de se greffer au groupe charmé par... leur pédalage. Affaire à suivre...
Chez les mâles, d'entrée de jeu une montée réchauffait les mollets. Mais l'ambiance était déjà "hot" avec les élucubrations au sujet de membres qui se durcissaient (à cause du froid bien entendu)
et de cols au nom étrange. Puis, la montée suivante, nous amenait vers une série de Puy (qui là encore permettait à nos jeudemoistes de s'en donner à coeur joie). Ceux-ci baissaient toutefois un
peu de rythme car le parcours dépourvu de plat commençait à fatiguer les organismes.
De magnifiques villages étaient parcourus le suivant la route de la noix (au vu de la qualité du revêtement, on ne pouvait pas parler de route à la noix !): Quessac les vignes, Puy D'Arnac,
Marcillac, Meyssac avant d'arriver au clou du spectacle: Collonges-la-Rouge.
Nous prîmes alors le temps de visiter ce village pour essayer de répondre à cette question existentielle, mais pourquoi la-Rouge? Et qui pouvait être mieux placé pour nous répondre que
Nataloche, accueillante guide à l'accent germanique (je rappelle pour les non germanistes que guide se traduit dans la langue de Goethe par furher...). Celle-ci prit le temps d'innonder de la
pertinence de ses arguments nos défaillantes oreilles. Je garde son adresse mail que j'ai rangé avec celle de Valoche, la non moins sympathique serveuse de la Pierre st Martin.
Après avoir joué les ambassadeurs, nous reprîmes la route, admirant au passage la richesse de l'architecture locale. L'arrêt suivant était un arrêt nostalgie devant l'école de l'Hôpital
St Jean (je croyais qu'il était à la Défense !) où Gaël avait dispensé son savoir pour la première fois. Rien n'avait changé selon notre maître (même les tags dans les toilettes...).
Chemin faisant nous continuions notre route en direction Martel où bravant les inerdits je passai en tête. Puis direction Strenquels, les Quatre-Routes où nous avons failli nous
perdre, et enfin nous descendons (dans un goût du paradoxe)vers Curemonte et son superbe chateau par la départementale 100 (D100)!!! Indécent...
Le rythme s'accélère car le Patron a faim et nous arrivons à 13h30 à Beaulieu après 88 km et 1400m de D+.
Nous nous attablons dans un sympathique resto (ceci est l'unique passage qu'il faut lire au premier degré) où nous sommes chaleureusement accueillis par une charmante serveuse. De quoi se
réconcilier avec la tribu des restaurateurs... A notre surprise, les filles ne sont pas arrivées (Y a-t-il un lien avec leur rencontre du troisième type, je l'ignore). Sentant le danger, les
conjoints sont au petit soin et ces donzelles passent commande de leur pizza sur le vélo...
Au repas, comme d'habitude, Don Gégé use de son charme pour être servi en premier. Les autres s'attaquent à la vinasse: après Collonge-la-Rouge, c'est allonge le rouge. Le dessert arrive et
Gégé se sacrifice et renonce au fondant pour se contenter... des profiteroles.
Nous repartons après pour le décrassage digestif. Je dis nous, mais j'enjolive un peu car les couples avec enfants en bas âge, Yvon et Annie, Jérôme et Christelle sont obligés de partir
pour s'occuper de leurs bambins. Les célibataires, dépourvus de la moindre conscience familiale s'élancent donc. Le Patron nous annonce une seule bosse et il ne ment jamais... On avait simplement
omis de lui demander la distance de celle-ci... A peine un peu plus de 8 kms...
Nous arrivons au sommet un peu entamé, surtout ceux qui avaient carburé au rouge. A ce propos, il faut constater qu'il y a deux écoles au club dans la gestion post boisson: il y a les plus
responsables qui choississent de... conduire et les irresponsables qui font du vélo !!! Gégé lui a un secret, quand la route s'élève, il appuie sur le champignon (ramassé dans l'ascension...)
Au sommet coup de théâtre, Eric E, cuit, veut faire demi-tour. Nous essayons de trouver les mots justes, avec notre sens de la psychologie, pour le faire poursuivre notre route
("fiote", "tafiole") mais rien n'y fait. Gégé s'inquiète: il pense qu'Eric veut le gruger en retournant au resto en cachette. Nous ne sommes plus que cinq pour la jolie descente qui nous mène au
bord du Lot. Nous suivons ce fleuve tranquille jusqu'à Beaulieu, terme de notre saison sur route.
Au final, une journée de vélo très agréable placé sous le signe du soleil, dans un cadre agréable et dans la bonne humeur. Merci à tout ceux qui ont fait de cette sortie une journée
réussie...
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